Histoire de Notre Dame des Neiges

Les hautes montagnes du Vivarais entre Loire et Allier abritèrent du 12ème siècle à la révolution française des monastères cisterciens : Mazan, Les Chambons, Mercoire en Gévaudan. Durant sept siècles, la vie cistercienne fut vécue dans ces maisons de prière et de charité jusqu’au jour où la révolution les détruisit et vendit les domaines.

L’un de ces derniers, le Mas de La Felgère, ancienne grange des Chambons fut racheté en 1791 par Jean Chalbos. Ses descendants décidèrent de le rendre à l’ordre cistercien et firent des offres à l’Abbaye Notre Dame d’Aiguebelle (Diocèse de Valence) qui refusa une première fois. Avec le soutien des évêques de Valence et de Viviers, l’offre fut à nouveau présentée au père Abbé qui finit par accepter de tenter l’expérience.

La fondation fut décidée le 5 août 1850, jour de la fête de Notre Dame des Neiges, qui est le titre de Sainte-Marie Majeure à Rome. Ce fut le nom heureux du futur monastère.

Le 13 août, Mgr Chartrousse, évêque de Valence signait l’acceptation officielle et le 25 un premier groupe de religieux partait à pied d’Aiguebelle emportant pour tout mobilier ce que pouvait contenir la charrette traînée par l’unique cheval. Le 28 au soir, les moines prenaient possession du domaine de La Felgère, de sa pauvre ferme et de l’auberge attenante, antique relais entre le Vivarais et le Gévaudan.
   
 

Onze années passèrent, temps nécessaire à l’établissement canonique de la Communauté et à la construction d’un monastère régulier. Le 16 juillet 1861, les religieux s’y installèrent au cours de festivités présidées par Mgr Foulquier, évêque de MENDE. Le monastère n’était encore qu’un prieuré à cause des difficultés financières entraînées par l’installation et la construction du monastère.

La situation matérielle s’améliore et le 16 juin 1874, le chapitre conventuel fut appelé à procéder à l’élection du premier Abbé : Dom Polycarpe Marthoud, prieur depuis 1858. La nouvelle abbaye comptait alors 90 membres.

En 1880, l’expulsion des moines fut décidée et fixée au début de novembre par le pouvoir républicain. Une chute de neige aussi rapide qu’imprévue l’empêcha. L’apaisement des esprits apporté par l’hiver, soulagea momentanément les religieux. Le Père Abbé, craignant un retour de la persécution, voulut assurer un refuge à sa communauté. Avec un groupe de moines, il fonda le prieuré d’Akbès en Syrie, qui exista jusqu’en 1920.

Le 16 janvier 1890, le Père Abbé eut la joie de recevoir Charles de Foucauld au nombre de ses novices. Il reçut le nom de Frère Albéric. Sa vie de trappiste dura 7 ans . Ordonné prêtre à Viviers le 9 juin 1901, il partit pour le Sahara où l’attendait une mort tragique le 1er décembre 1916.

Un incendie détruisit le monastère durant la nuit du 27 au 28 janvier 1912. Tout faillit sombrer, mais la communauté unie autour de son prieur fit front et prépara immédiatement la reconstruction. Deux ans après l’incendie, le nouveau monastère était debout et connu un nouvel essor. Mais les guerres apportèrent leurs cortèges de misères, de malheurs, de souffrances, de privations et de soucis.

En 1949, Dom Toussaint Louche fut élu Père Abbé. Il fut à l’origine du renouveau et des transformations opérées depuis. Son successeur élu en 1959, Dom Claudius Valour réalisa la construction de l’hôtellerie, la restauration des lieux réguliers et l’aménagement des caves et des locaux pour recevoir les nombreux hôtes et retraitants de l’abbaye. En 1982, il cède sa place de Père abbé à Dom Pierre Marie Fayolle.

Le 22 juillet 2003, le Père Hugues de Seréville a été élu Père Abbé.